Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a exprimé jeudi ses inquiétudes face aux violentes manifestations qui ont éclaté au Cameroun à la suite de l’annonce des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre.
Le HCDH a appelé les forces de sécurité camerounaises à s’abstenir de recourir à la force meurtrière pour réprimer les manifestations et les a exhortées à respecter leurs obligations en vertu du droit international des droits de l’homme. Il a exhorté les dirigeants politiques du pays et leurs partisans à s’abstenir de diffuser des discours de haine et d’inciter les masses à la violence. En outre, il a appelé les autorités à mener des enquêtes indépendantes et approfondies sur les violences survenues lors des manifestations liées aux élections, soulignant l’importance de garantir que tous les responsables répondent de leurs actes.
Le recours à la force et aux armes à feu par les responsables de l’application des lois est régi par les principes de nécessité, de proportionnalité et de précaution, tels qu’énoncés dans les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force par les responsables de l’application des lois. Le principe de nécessité exige que les responsables de la sécurité emploient des moyens non violents avant de recourir à la force ou aux armes à feu et limite l’usage des armes à feu aux situations où d’autres méthodes sont inefficaces ou peu susceptibles d’atteindre le résultat escompté. Le principe de proportionnalité exige que la force utilisée corresponde au niveau de menace ou d’infraction commise. Enfin, le principe de précaution exige que les responsables de l’application des lois minimisent les dommages et les blessures lorsque le recours licite à la force est inévitable.
Des manifestations massives ont éclaté au Cameroun après que le Conseil constitutionnel a annoncé le 12 octobre la victoire du président Paul Biya à l’élection présidentielle. En réponse, l’opposition a rejeté les résultats et a proclamé son candidat, Issa Tchirola Bakary, vainqueur légitime, appelant les citoyens à manifester pacifiquement. Des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour exiger la reconnaissance de la victoire de l’opposition, mais les affrontements entre manifestants et forces de sécurité ont fait des morts et de nombreuses arrestations. L’escalade actuelle de la violence a encore plus déstabilisé un pays déjà aux prises avec un conflit armé de longue date entre les forces de sécurité gouvernementales et les groupes armés séparatistes, tous deux accusés de violations des droits humains.